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Neurones miroirs

Les neurones miroirs ont été identifiés dès 1989 dans une étude menée par M. Gentilucci de l’équipe de G. Rizzolati. Ce groupe a d’abord proposé qu’une structure cérébrale est impliquée dans la transformation d’une information visuelle en une commande motrice (chez le macaque). Suite à cette étude, le groupe s’est spécialisé dans ce phénomène. G. Rizzolati a ainsi défini le neurone miroir comme une sous-classe de neurone moteur qui est activée lorsque le sujet effectue un acte moteur. Ce neurone est aussi activé lorsqu’on voit ou entend un autre individu effectuer cet acte. Le cerveau du sujet se co-active donc en même temps que celui de l’individu qui effectue l’action. Etonnamment, l’individu en question peut même être d’une autre espèce.

De manière intéressante, chaque neurone miroir correspond à un seul type d’action et ne réagit donc qu’à cela. Autrement dit, il faut un but précis ou une action précise pour activer ce type de neurone. Ainsi, la marche machinale n’active aucun neurone miroir.

Chez l’Homme, les mêmes mécanismes sont observables. En plus de cela, il a été démontré que chez l’Homme, ces neurones s’activent par anticipation lorsque l’on pense qu’un individu va effectuer une action. Ils permettent même de reconstituer comment un mouvement a été fait avec une information partielle.

Le neurone moteur permet ainsi l’imitation et à comparer des schémas moteurs à nos propres schémas. Néanmoins, la limitation de ce système est qu’on ne peut reconnaître que les actes moteurs que nous possédons déjà dans notre répertoire moteur. Par exemple, mordre fait partie  de notre répertoire moteur. Donc un humain ou un chien ou un hamster qui mord activera nos neurones moteurs et on sentira comment il faut faire. Par contre, si l’action appartient à une autre espèce, par exemple s’envoler, nos neurones miroirs ne s’activeront pas parce que le schéma moteur en question n’est pas présent chez l’Homme.
Impact des neurones miroirs dans l’apprentissage et la reconnaissance du geste
 

Dans la pratique martiale, globalement on peut considérer que l’on va du grossier au très fin. Le très fin n’étant pour la plupart du temps jamais atteint. En effet, la solution la plus généralement utilisée est simplement d’aller plus vite et plus fort sur le grossier. L’efficacité immédiate est indéniable. Sur la durée, c’est plus discutable. Toutefois, en terme d’acquisition on se portera sur le renforcement de schémas moteurs simples plutôt que l’acquisition de nouveaux.

Par contre, pour le très fin, vu ce qui a été écrit plus haut, on comprend que cela implique finalement le développement des schémas moteurs non présents à la base. Or, ces schémas moteurs plus fins sont les plus intéressants puisqu’ils permettent une utilisation plus globale du corps, une mobilité plus précise et une puissance accrue. Par corollaire, la présence de ces schémas moteurs et donc des neurones miroirs associés permettent une lecture plus fine de l’intention de l’autre et une compréhension de mouvements internes.

Pour appuyer cela, je vais parler de l’expérience suivante. Cette expérience a été faite à partir d’une vidéo où l’on voyait une main saisir une pomme. La suite de l’action pouvait être de porter la pomme à la bouche pour la manger ou alors poser la pomme dans un panier. Seulement avec la prise de la pomme, les sujets testés étaient capables de prédire la suite de l’action. Le schéma moteur de la prise d’une pomme pour la manger ou la déplacer est présent chez tout le monde. Néanmoins, ce n’est pas le cas pour tous les schémas moteurs.

Il semble qu’un certain nombre de schéma moteurs soient pré-programmés dès la naissance. Ainsi, sourire, la préhension et d’autres actions simples peuvent être reproduites par des bébés. L’apprentissage et l’affinage de ces actions est ensuite renforcé grâce à l’imitation des adultes par les neurones miroirs. Par contre, pour pouvoir marcher, il faut d’abord développer certains schémas moteurs et bien sûr les muscles avant de pouvoir imiter la marche. C’est par l’apprentissage moteur que des nouveaux neurones miroirs vont se mettre en place de manière spécialisée. Il a ainsi été décrit que des danseurs masculins activés plus fortement leurs neurones miroirs lorsqu’ils apprenaient des nouveaux pas effectués par un homme que si ils étaient effectués par une femme. Le temps d’apprentissage avec une femme dans ce cas serait plus long (mais faisable !) puisque les schémas moteurs sont différents. Par contre, des pas déjà connus effectués par une femme ou un homme ne changera pas le niveau d’activation chez les danseurs hommes.

 L’acquisition de nouveaux schémas moteurs est donc indispensable pour atteindre un haut niveau de maitrise. C’est exactement ce qui se passe avec certains grands maîtres. En effet, de ce que j’ai pu voir, les maîtres reconnus mais aussi les sportifs de génie n’ont simplement pas les mêmes schémas moteurs que tout le monde. Ou plutôt, ils en ont beaucoup plus. Ils sont donc parfaitement illisibles et donc imprévisibles pour le commun des mortels et des pratiquants. Vladimir Vasiliev, Akuzawa, Kuroda (documenté pour le coup), Ali, Jordan ou Messi, ils ne bougent simplement pas normalement. D’ailleurs, lorsque les neurones miroirs sont en place car les schémas moteurs sont proches, on commence à sentir cela dans notre corps…
Jordan qui met à la rue un défenseur (Photo by Jonathan Daniel/Getty Images)
L’apprentissage dans les arts traditionnels et les neurones miroirs

Si l’on revient aux arts martiaux, on comprend donc qu’il faut d’abord développer de nombreux schémas moteurs avant de pouvoir aborder le travail fin qui concerne à la fois le travail technique et le travail sur la perception de l’intention.

C’est là que je trouve intéressant le concept de kata qui est à la fois pratique et traître. En effet, le kata permet de mettre en place tous les gros schémas moteurs qui seront utilisés plus tard. Le respect absolu des positions permet de s’assurer à la fois que tout le monde soit potentiellement capable de suivre l’enseignement du maître mais surtout de s’assurer que sans les bonnes clés, les gens pataugent dans la semoule ad vitam eternam.
L’éducation de masse par le kata

En effet, un schéma moteur non adapté empechera le développement de neurones moteurs capables de lire ce que le maître fait. Les fameuses clés en réajustant un peu le corps, corrigent le schéma moteur et permettra donc de reconnaître les mouvements qui seront effectués par le maitre. Chaque clé, chaque correction permettra ensuite de reproduire ce que le maître fait assez facilement.

Il m’est arrivé d’avoir du mal à rire quand on m’a expliqué certaines « clés » qui ont illuminé la pratique de certains pratiquants. La raison est que en fonction de comment le corps est préparé et quels schémas moteurs sont en place, ben les clés des uns seront les évidences des autres. Du coup, parfois quelqu’un d’un style différent lira facilement ce que fait un « maître » tandis que son élève ne comprendra rien tant qu’il n’aura pas eu la clé en question. C’est aussi la raison pour laquelle certains gymnastes et danseurs de breakdance ou de poppin que j’ai pu avoir apprennent aussi vite. Les neurones miroirs sont là grâce à des schémas moteurs proches donc simplement en observant, ils sont capables souvent de reproduire des mouvements internes…

Parfois aussi, il y a besoin d’une réelle reconfiguration du corps pour pouvoir accéder à ce que font certains. Par exemple, j’ai récemment eu une preuve expérimentale sur un pratiquant avancé de mon club que le systèma modifie profondément la manière dont les muscles réagissent (je ferai un billet là-dessus quand des données définitives seront disponibles). L’incidence sera la présence de neurones moteurs capables de lire des mouvements que d’autres ne liront jamais et par conséquences d’apprendre ces mouvements ! Le problème de ce type de méthodologie de reconfiguration profonde est qu’elle est basée sur des exercices assez libres mais simples d’exécutions. Ce qui veut dire qu’il y a une grande indépendance vis-à-vis du maître pour la progression et par conséquence, peu de possibilité de physiquement cacher quelque chose…
Conclusion

Une question que j’ai souvent posé aux gens qui orbitent autour des figures reconnues des arts martiaux est : « comment est-ce qu’ils s’entraînent aujourd’hui ? » La réponse qui revient quasi systématiquement : Youtube. Au premier abord j’ai été assez surpris mais lorsque j’ai eu connaissance de ces éléments et que je les ai expérimentés moi-même, cela semble en fait logique. On parle de gens qui ont un très haut niveau. Ce qui implique un nombre de schémas moteurs considérables et donc des neurones moteurs capables de reconnaître à peu près n’importe quoi. Ainsi, chaque fois qu’ils voient un expert travailler, ils sentent dans leurs corps les différences et les points d’amélioration. Ils peuvent ainsi s’inspirer de la manière de bouger des uns et des autres. De ma petite expérience, la différence est vraiment très nette entre regarder une vidéo qui ne déclenche rien et une vidéo qui donne l’impression que vos muscles bougent pendant que l’autre fait l’action… Néanmoins, si rien ne se passe c’est que le schéma moteur n’est pas là et donc le neurone miroir pas encore disponible. Il faut donc revenir à l’acquisition motrice.

Et oui, malheureusement, savoir cela ne permet pas de sauter la phase travail… Néanmoins, pour moi, l’option la plus efficace est de réellement travailler à l’exploration motrice. Avoir une approche de travail globale en activant des chaînes musculaires plutôt que des groupes isolés. A cela, combiner des phases de travail de dissociation musculaire pour préciser les possibilités motrices. C’est le choix que j’ai fait dans mes cours et mes stages. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette acquisition ne sera pas beaucoup plus longue… En effet, dès la présence embryonnaire du bon schéma moteur, les neurones miroirs correspondant pourra potentiellement accélérer le processus d’apprentissage par l’imitation de tout ce qu’on voit !

Plus généralement, il serait intéressant du coup de repenser la manière d’enseigner avec la compréhension de ces mécanismes non seulement la façon d’acquérir un maximum de schémas moteurs mais aussi, la pédagogie sur le travail de perception des intentions  mais aussi des émotions. En effet, les neurones miroirs sont liés au système limbique, mais ça ce sera pour un autre billet !
arts martiaux

 

Source

http://observatoire-martial.fr/2017/06/neurones-miroirs-katas-youtube/

 

 

 

Cerveau et mouvement

 

Faust disait : "au début était le verbe".... puis il se reprend et dit "au début était l'action". Nous n'avons pas que cinq sens. En plus des capteurs de la vision, de l'audition, du toucher, du goût et de l'olfaction nous avons aussi des capteurs qui détectent le mouvement. Chacun de ces sens à lui seul ne peut pas mesurer le mouvement, c'est la coopération de tous ces sens qui constitue le sixième sens : le sens du mouvement. Le cerveau doit, à partir de ces sens, reconstruire une perception unique et cohérente des relations de notre corps et de l'espace. Le cerveau est un simulateur d'action qui utilise la mémoire pour prédire les conséquences de l'action. En combinant des méthodes de neurophysiologie, des études avec des patients neurologiques ou psychiatriques, et des modélisations mathématiques de processus neuronaux, nous progressons vers la compréhension des mécanismes qui lient perception et action. Pour cela il faut réintégrer le corps sensible dans l'étude de la perception, de la pensée, de l'émotion.